
journaliste, homme de presse écrite, de radio et de télévision.
MEDIΔGOUZ
DEMANDER PLUS A CEUX QUI ONT PLUS
Pas facile de boucler le budget de la
sécurité sociale (comme pour le budget général d’ailleurs) mais pour en rester
sur le thème des dépenses « sociales », l’idée de Jean-Pierre FARANDOU, Ministre
du travail, serait d’une part de suspendre l’indexation des retraites sur les
prix pour les pensions supérieures à 1 260 € et d’autre part de rogner
l’abattement de 10% (pour frais professionnels-sic-) dont bénéficient les
retraités sur leur impôt sur le revenu, là aussi au-delà d’un certain niveau de
pension.
Ces esquisses vont dans le sens de la justice sociale, mais ne constituent qu’un
petit pas dans cette direction. Il faut aller plus loin. Suggérons deux mesures
dans la même perspective.
- Rendre progressive
la CSG-CRDS. Ce quasi-impôt introduit
par Michel ROCARD en 1990, est actuellement à taux fixe -parfois différentié
selon les professions- et donc le même quel que soit le revenu auquel il
s’applique. Il faut le rendre progressif : comme pour l’impôt sur le revenu, le
taux de CSG-CRDS augmenterait avec le revenu-. Je ne dispose pas des ordinateurs
de Bercy pour calculer combien cela peut-il rapporter, mais je sais que si
ROCARD n’a pas franchi cette étape ce n’était que pour « faire accepter la
pilule ». Une CSG-CRDS progressive par tranches de revenus, cela serait un
premier pas vers un grand impôt sur le revenu progressif et unifié.
- Rendre progressifs
les remboursements des frais médicaux.
Aujourd’hui le smicard comme le milliardaire voit ses dépenses médicales
-médicaments, consultations chez le médecin, petite hospitalisation, optique…)
être remboursées -en partie- de la même façon par l’Assurance maladie. Il
conviendrait d’ introduire une progressivité dans les remboursements. Hors
maladies graves bien sûr, ces remboursements resteraient inchangés pour ceux
dont les revenus mensuels atteindraient un SMIC et demi (en gros 2 250 €), puis
ne seraient plus que de 90% jusqu’à trois SMIC (4 500 €), de 80% entre trois et
cinq SMIC (7 500 €) et ainsi de suite. Les montants et les pourcentages retenus
ici sont simplement indicatifs, la mesure se voulant plus ou moins
redistributive.
Franchement, ceux qui en ont les moyens ne peuvent-ils pas payer eux-mêmes, pour
une part, leurs médicaments ordinaires ou la consultation de leur médecin ?
Chacun doit en être conscient, les déficits publics sont abyssaux. Côté budget de l’État, comme coté Sécurité sociale, on ne peut imaginer s’en sortir sans demander davantage à ceux qui ont plus.
Sylvain GOUZ
(01 10 2026)
MEDIΔGOUZ

Sylvain GOUZ a créé et anime MEDIΔGOUZ, la structure qui abrite ses activités de journalisme et de conseil media...